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Philippe Mengue est Docteur en philosophie. Il a enseigné à l'Université d'Aix-en-Provence et au Collège international de philosophie. Il collabore à l'Université Populaire d'Avignon et anime le Café-philo d'Apt.
Ses principaux ouvrages :
Deleuze et le système du multiple (Kimé, 1995), L'Ordre sadien (Kimé, 1996), Deleuze et la question de la démocratie (L'Harmattan, 2003), La Philosophie au piège de l'histoire (Éditions de la Différence, 2004), Peuples et identités (Éditons de la Différence, 2008), Utopies et devenirs deleuziens (L'Harmattan, 2010), Guerre ou paix en philosophie ? (Germina, 2011).
Argument de sa conférence :
Certains soutiennent que les philosophes seraient en guerre entre eux. Certes, entre philosophes il y a des disputes, des affrontements, des guérillas, mais sont-ce des guerres et les philosophes sont-ils dans un rapport d'ennemis à ennemis ? La philosophie n'est-elle pas avant tout une affaire de pensée ? Ces penseurs ne sont-ils pas des amis (philoi) de la « sagesse » (sophia) ? A ce titre, ne semblent-ils pas devoir être amis entre eux ? Mais qu'est cette sagesse qu'ils recherchent : paix, justice, vérité, bonheur, liberté, ou tout autre chose? Ces « amis » aux multiples fins ou aux multiples dieux deviennent si étranges dans leur recherche qu'ils ressemblent plutôt à des ennemis. Alors que signifie philo- dans philosophie? La philosophie n'est pas donnée mais toujours à nouveau à construire. Ce qui est premier, c'est l'abîme du non-savoir (Socrate), au bord duquel se tiennent les philosophes, amis ou non. Dès lors la ligne qui sépare la guerre de la paix serait plutôt une « ligne de fuite » (Deleuze), qui tendrait, non pas d'abord à séparer et délimiter les doctrines, à aiguiser les contradictions, mais plutôt à fuir et faire fuir les affrontements bloqués et les dualismes figés, afin d'inventer de nouvelles façons de penser.
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